Une course peut être perdue avant même le départ. La plupart des pagayeurs le savent, mais peu d'entre eux y remédient activement.
L'aspect mental de la course en kayak et en canoë n'est pas anodin. Il n'est pas facultatif. Et ce n'est pas quelque chose qui arrive simplement une fois que vous vous êtes suffisamment entraîné. C'est une compétence, et comme toute compétence, elle doit être développée délibérément.
Pourquoi l'état d'esprit compte dans le pagayage
L'entraînement construit le moteur. La course teste le pilote.
Vous pouvez avoir le meilleur VO2 max sur la ligne de départ et quand même être battu par un pagayeur qui gère mieux son état d'excitation, s'en tient à son propre plan de course et se remet d'un mauvais coup dans les 50 premiers mètres.
Les pagayeurs qui performent de manière constante — pas seulement occasionnellement un record personnel, mais qui délivrent de manière fiable lors des courses importantes — partagent un ensemble d'habitudes mentales. Ils ne sont pas surhumains. Ils entraînent simplement l'aspect mental de la même manière qu'ils entraînent l'aspect physique.
Contrôlables vs Incontrôlables
La première discipline de l'état d'esprit de course est de savoir ce que vous pouvez contrôler et de refuser de gaspiller de l'énergie sur ce que vous ne pouvez pas.
Vous ne pouvez pas contrôler la météo, le tirage au sort, les couloirs, ce que font les autres athlètes au départ, ou le résultat de la course. Vous pouvez contrôler votre échauffement, votre routine d'avant-course, votre plan de course, votre réaction à l'adversité et votre effort du début à la fin.
Les pagayeurs d'élite parlent souvent de l'accent mis sur le processus — diriger l'attention sur l'exécution de la course plutôt que sur le résultat. Pas « je dois battre le couloir 4 » mais « je vais maintenir mon rythme à 112 sur le corps et y aller à 250 de la fin. » Une de ces pensées est utile. L'autre est du bruit.
Routines d'avant-course
La constance sous pression commence par la constance avant même le début de la course.
Une routine d'avant-course n'est pas de la superstition — c'est un système pour arriver à la ligne de départ dans le même état mental à chaque fois. Cet état est calme, concentré et activé. Pas nerveux (ce qui consiste généralement à penser au résultat), pas plat (ce qui est sous-stimulé), mais bloqué.
Construisez la vôtre délibérément. La plupart des routines efficaces comprennent : un échauffement physique, un moment de calme ou de respiration, un auto-signal positif et un mot ou une phrase de concentration finale. Le contenu est moins important que la constance. La même routine à chaque course indique à votre cerveau qu'il est temps de performer.
Gérer l'adversité en pleine course
Les choses tournent mal en course. Un départ chaotique. Une zone d'eau agitée. Un mauvais temps intermédiaire. Les pagayeurs qui récupèrent le plus vite sont ceux qui s'entraînent à récupérer.
Entraînez-vous délibérément à l'adversité. Laissez une séance se dérouler mal exprès et entraînez-vous à vous réinitialiser. Manquez un coup de pagaie pendant l'entraînement par intervalles et entraînez-vous à ne pas laisser cela affecter le suivant. La capacité de se réinitialiser entre les coups de pagaie — de laisser un mauvais moment s'en aller immédiatement — est l'une des compétences les plus précieuses en pagayage de compétition.
L'expression « coup suivant » est utilisée par les athlètes d'élite dans presque toutes les disciplines. Quoi qu'il vienne de se passer, le coup suivant est celui qui compte.
La compétition comme un test, pas une menace
De nombreux pagayeurs abordent les courses comme des menaces — des situations où ils pourraient échouer, être battus ou ne pas performer. Les meilleurs l'abordent comme un test — une opportunité de voir ce qu'ils peuvent faire, le résultat étant une information utile quel que soit leur classement.
Ce n'est pas une positivité toxique. C'est une façon fonctionnelle d'aborder la compétition qui réduit le type d'interférence anxieuse qui écrase les athlètes qui se sont brillamment entraînés mais ne peuvent pas le reproduire au moment important.
Vous avez fait l'entraînement. La course n'est que le test. Abordez-la ainsi.
Construire au fil du temps
Les compétences mentales n'arrivent pas pleinement formées après une seule conversation sur l'état d'esprit. Elles se construisent par une pratique délibérée, une réflexion honnête après les courses et une volonté de travailler sur les aspects inconfortables de votre performance.
Tenez un journal de course. Notez ce que vous avez pensé avant et pendant la course. Notez quand votre concentration a flanché et ce qui l'a déclenchée. Observez les tendances sur une saison. Ces données sont plus précieuses que les seuls temps intermédiaires.
Les pagayeurs qui font ce travail ont l'air d'avoir un don le jour de la course. Ce n'est pas le cas. Ils l'ont construit.
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